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Mia Dumont – Blog d'une consultante du Superflu…

Jean d’Ormesson le Grand.

43.39 minutes de bonheur total.

D’Ormesson le Grand, l’Unique.

Il se raconte, il déroge brillamment, il nous fait rire, je l’écouterais des heures!  Je suis aller l’écouter une fois, j’étais médusée.

C’est formidable d’avoir accès à ça, donc je partage.

Miâ fait de la Résistance.

Si vous me connaissez un peu, vous savez que je suis le contraire de la rigidité.  Je ne suis ni fermée aux changements, ni obtuse (je sais, c’est pas beau mais c’est le féminin de…)

Je ne suis pas d’accord avec ces théories et opinions laxistes et modernes du remaniement de l’orthographe dont parle l’article ci-bas, au regard fort bien écrit.  Pas de l’avis non plus de Jean d’O qui prophétise un laisser-aller orthographique déjà vertigineux.  Ce qui m’étonne de sa part.

Entre laisser entrer de nouveaux mots, avoir un « dictionnaire urbain » – tout à fait justifié puisque le charabia court les rues – et glisser dans la facilité parce que tout le monde bute sur des mots en faisant les mêmes fautes de dictées, c’est autre chose.  On a écrit événement durant des siècles.  On a laissé passer évènement parce que trop de gens l’écrivaient ainsi.

Les accents circonflexes, c’est charmant et ça force à une réflexion, ça met du mouvement et de la couleur.  Lorsque quelqu’un ne savait pas écrire, on disait « il écrit au son » et c’était péjoratif.

Bien écrire, c’était comme bien parler; une marque de savoir, d’élégance, de culture, de travail et d’éducation.  C’était avoir ses lettres de noblesse comme disait maman; c’était aussi un passe-partout pour entrer dans « le grand monde ».

Aujourd’hui, on glorifie le n’importe quoi.  On tire vers le bas.  Comme dans toutes les sphères de la société d’ailleurs.

Je pars donc en résistance.  Et je garde mes accents, qu’ils soient circonflexes ou autres.

Je choisis de garder mon âme, de ne pas la donner au diable.

Je persiste et signe:  Miâ

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La réforme de l’orthographe, et les passions qu’elle déclenche, reflètent notre pire travers : le dirigisme.
Par Gaspard Koenig.
Un article de Génération Libre

Antoine Blondin comparait la coupole de l’Académie française à un bonnet de nuit. Aujourd’hui, elle me ferait plutôt penser à un casque à pointe. La réforme de l’orthographe, et les passions qu’elle déclenche, reflètent notre pire travers : le dirigisme.

Alors que les twittos avides de raccourcis en langage texto semblent soudain se découvrir une passion pour les accents circonflexes, j’avoue céder à l’envie d’ôter ces couvre-chefs encombrants ; si la langue est notre maison, laissons notre chapeau à l’entrée. Mais comment accepter que leur sort soit décidé dans le « Bulletin officiel de l’Éducation nationale », s’appuyant sur le rapport du Conseil supérieur de la langue française (sic), lui-même fondé sur les travaux d’une Académie française ? Pourquoi l’État devrait-il contrôler la manière dont on écrit ? La langue n’appartient-elle pas d’abord au peuple qui l’invente et la fait vivre ? Montaigne, qui torturait les adjectifs au gré de ses humeurs, aurait bien ri à l’idée que le français pût se soumettre au « Journal officiel ». Et les poètes baroques du XVIIe siècle, qui écrivaient indifféremment « hirondelle », « arondelle » ou « erondelle », auraient pleuré de voir leurs mots en cage.

Car l’Académie française, malgré son indépendance de façade, est bien une structure d’État – en l’occurrence, une personne morale de droit public. Depuis les lettres patentes par lesquelles Louis XIII lui assigna sa mission en 1635, elle se trouve liée au pouvoir central. Ce n’est pas un hasard si, quelques décennies après sa fondation, Colbert s’attela à la mettre au pas en la déménageant au Louvre, en lui imposant son homme de main (Charles Perrault) et en faisant du roi le « protecteur de l’Académie » (lui-même devenant « vice-protecteur » !). Pour satisfaire notre nostalgie monarchiste, ce rôle de « protecteur de l’Académie » est désormais dévolu au président de la République, qui n’hésite pas à trancher certaines affaires internes. L’Académie est l’asile du verbe d’État, où l’on rêve, selon l’article 24 de ses statuts, de rendre la langue « pure », affranchie de ceux qui la parlent. Nulle surprise que l’on y trouve Xavier Darcos quand Molière, Beaumarchais, Stendhal, Zola ou Proust n’y mirent pas les pieds. Le colbertisme, non content d’avoir imprégné notre économie de sa marque, continue à phagocyter notre langue.

Il nous faudra un jour rompre avec notre passion de la verticalité et accepter dans notre société les surprises de l’Histoire, la contingence des situations, la spontanéité des collaborations, toutes ces manifestations de ce que Hayek appelait « l’ordre spontané », surgi sans dessein ni finalité. Jean d’Ormesson le reconnaissait ces derniers jours, en déclarant : « L’orthographe, c’est comme l’économie, ne multiplions pas les règlements inutiles. Laissons faire le temps qui impose de nouveaux mots, de nouvelles orthographes sans règlement. »

De même que les innovations industrielles ne naissent jamais dans les commissions du Plan, le génie de notre langue ne doit rien à l’Académie. La croissance ne se décrète pas, l’orthographe non plus. Ne comptons ni sur les technocrates, ni sur les Immortels pour dicter notre modernité. Seul le cours long et imprévisible de la liberté, empruntant mille ruisseaux insoupçonnés, nous permettra de renouveler les mots français. Le jour où nous écrirons tous « nénufar », parce qu’un romancier ou un rappeur l’auront popularisé, parce que l’usage l’aura consacré, la nouvelle orthographe s’imposera d’elle-même. Mais à quel besoin « nénufar » répondrait-il aujourd’hui ? Quelle pratique sanctionnerait-il ?

Ne cherchons pas à imaginer des formes logiques ex nihilo, détachée du terreau vivant, et heureusement irrationnel, de la langue en mouvement. S’il faut néanmoins transmettre à nos écoliers des règles uniformes, que l’Académie se contente, ce qui était d’ailleurs l’esprit originel de son Dictionnaire, de recenser et de mettre en lumière les transformations opérées par les praticiens du français – nous tous.

Pour conserver notre considération, l’État doit être un simple greffier. S’il outrepasse ce rôle, nous nous occuperons nous-mêmes de notre langue. Les technologies collaboratives nous donnent ce pouvoir. Le Dictionnaire de l’Académie bientôt détrôné par le Wiktionnaire?

P.S.  Charlemagne doit se retourner dans sa tombe!

Ça Presse…

Magnifique texte, si vrai.

Moi aussi je travaille dans ma cuisine, mais la mienne est plus grande et oui, il y a des victuailles pour tenir un siège.

Elle écrit bien Louise!  Un ton « Plateau » que je ne pourrais pas définir mais qui me plaît infiniment.   Ses billets d’humeur sont toujours justes et vivants et colorés.  Comme elle.

Et j’aime ça.

Je retourne à ma copie pour Vegas…  Ça Presse… (…) (Facile, je sais)

Merci Louise!  Merci Micheline d’avoir partagé!

Le partage, elle en parle, tout est là n’est-ce pas?

Dans ma cuisine…

Louise Latraverse Collaboration spéciale La Presse +

Oui, c’est dans ma cuisine que j’ai trouvé refuge durant ce mois mortuaire.

Le début de l’hiver a été clément, mais n’a pas oublié janvier ! Il est clair qu’il ne voulait pas être négligé. Il voulait exister en roi ! Roi de la déprime, s’il en est ! On a beau vouloir être optimiste, il a fessé fort sur notre moral. Il a accumulé plus de mauvaises nouvelles que de neige, qui est son premier mandat.

On s’est enfermé dans nos maisons pour broyer nos peines. Je ne me souviens pas d’un mois aussi chargé de disparitions de personnes qu’on aimait, qu’on admirait, qu’on connaissait parfois et qui ont marqué nos vies. De deuil en deuil, on encaissait, médusé, profondément triste.

C’est dans ma cuisine que j’ai tué le temps. Je n’ai pas à préparer trois repas par jour pour une famille. Je ne suis même pas forcée de cuisiner du tout. Si je choisis de le faire, ça ne découle pas d’une obligation. Je cherche seulement à me réconforter. Il y a toujours un lieu dans une maison où les murs et ses objets sont plus inspirants que d’autres. Plus jeune, je me recroquevillais dans mon lit, à l’abri dans ma chambre, mon palais. Personne n’avait le droit d’y entrer. Je pouvais y passer des journées entières au grand désespoir de ma mère.

Ma cuisine est grande comme un garde-robe et le monde entier m’y accueille. Souvenirs de voyage dans ma ville et ailleurs. Mes épices rangées dans des boîtes de métal indiennes avec de petits contenants à l’intérieur où logent curcuma, graines de moutarde, de cumin, de fenouil, de poivre, de coriandre, de cardamome et de poudre de chili pour mes currys. Sur des tablettes, juste au-dessus du micro-ondes, des épices d’autres pays, des sauces chinoises, coréennes, japonaises, sud-américaines et louisianaises me zieutent du matin au soir et me tirent de ma léthargie. Veux, veux pas, elles me poussent à cuisiner. L’action a du bon, quand le cœur est lourd !

Ma table à manger est adjacente à ma petite cuisine. Quand je suis triste, je la trouve bien loin de mon profit. Je tire un banc pour me rapprocher de mon comptoir. Je m’y installe pour manger, rêvasser, lire. Scotchée dans ma cuisine, je me répare. De là, je peux entendre la télé, si je décide de l’ouvrir.

J’ai commencé à faire du caramel juste avant les funérailles de René Angélil. Je me suis levée pour aller voir l’entrée de Céline dans la basilique et ce qui devait arriver arriva.

J’ai oublié le caramel qui s’est répandu jusque dans les entrailles de ma cuisinière et les fissures de mon plancher de bois. Je suis retournée nettoyer le désastre en pensant à toutes ces veuves et à leur chagrin. À genoux, comme dans une prière, implorant le ciel pour que s’arrête cette hécatombe  ?

J’allais chercher des livres de recettes exotiques que je lisais comme on lit un roman. Je m’y perdais en écoutant la radio. J’apprenais que Michel Tournier était parti, lui aussi, en nous laissant Le roi des Aulnes. Merci. Tout me revenait de ce livre qui m’avait émue aux larmes. Je m’affairais en écoutant du Bowie. Je préparais de la bouffe pour ceux que j’aime. J’étais devenue ma mère, ma grand-mère, toutes mes tantes qui nous consolaient, enfants, avec leur « bon manger ». Je continuais.

Une amie est arrivée, samedi matin, avec un livre de cuisine iranienne. On est reparties de plus belle à faire la liste des aliments pour préparer le khoresh aux prunes, en nous racontant nos peines. J’ai passé une grosse partie de ma vie à fouiller la ville comme une archéologue pour y découvrir ses trésors. Je répète à mes amis que si une guerre se déclare, ils peuvent venir se réfugier ici. Y a de la bouffe pour un bon bout !

Je n’ai jamais aimé l’expression « Manger ses émotions ! ». Je nous imaginais la morve au nez. Dégoûtant ! Si je fais abstraction de l’image, je n’ai qu’à me souvenir des funérailles de mon enfance. Les maisons se remplissaient de victuailles pour recevoir la parenté. On pleurait et on festoyait en même temps, pendant des jours ! Aujourd’hui, même seule dans ma cuisine, ce vieux réflexe m’anime. Le four se fait aller, la farine revole sur le comptoir, le beurre frémit dans la poêle. Je respire à nouveau. La porte et le cœur ouverts, comme dans l’temps !

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Le chemin devant soi, la suite

25 janvier 2016

Une autre année de passée.  Une année rouge et noire.

D’abord un grand feu qui réchauffait toute la place.  Puis des jours difficiles, puis plus rien.  Il s’est arrêté de respirer, j’ai retenu mon souffle.  Pour ne pas crier.  Et je suis partie marcher à l’étranger, j’ai fait brûler des cierges dans des chapelles et j’ai prié.

Puis l’été est revenu.  J’ai regardé pousser les fleurs de mon jardin.  Et je me suis enveloppée dans le silence de ma maison, la seule chose qui arrive à faire taire mon chagrin et me calmer.

Puis l’automne s’est installé tardivement.  Je suis aller revoir Paris. J’ai trébuché sur un pavé.  Pris un train pour Londres.  Vu le château de mes rêves dans la campagne anglaise, celui de la série télé.  Il y avait un gigantesque arbre illuminé dans un hall illuminé, une chorale, du vin chaud, une comtesse pas aux pieds nus; c’était parfait.

Noël s’est fait désirer.  J’ai décoré un arbre moyen, pour faire comme si, j’ai attendu la neige, pour faire comme ça.

L’année nouvelle est entrée sur la pointe des pieds.  Chez des amis dans le Vermont, j’ai cuisiné comme dans le Festin de Babette et j’étais couchée avant minuit chrétien.  Tristes anniversaires de janvier: Sept mois sans l’un le 2… onze ans sans l’autre le 3…  Puis le 14, Pan!  Un coup dans l’aile.  René est mort.

Tout est allé si vite.  Les retrouvailles.  Les adieux.  Des photos inoubliables.  Elle si grande et si digne.  Et moi, derrière, comme à l’habitude, ravalant mes larmes en voyant la foule venue partager son chagrin.

Et ce soir, mon anniversaire.  Et le reste de ma vie devant moi.  Je ne suis pas triste, juste un petit peu lasse…

Salé-sucré

Mes amis le savent, j’aime cuisiner.  Depuis toujours.  Cuisiner, c’est un acte d’amour.  Un don de soi.  Un partage.  Un cadeau.

Aussi longtemps que je puisse reculer dans mes souvenirs, j’ai eu le nez dans des livres de cuisine, des revues de cuisine, j’ai lu plus de recettes que de livres, ce qui n’est pas peu dire pour qui connaît ma passion de la lecture. Ma bibliothèque cuisine n’est pas triste non plus… même si je donne et j’élague.   Et maintenant, les sites de cuisine à la télé, sur le Net.  Sans parler des nombreux Food Network de ce monde où je regarde et j’écoute parler de nourriture en boucle, sans me lasser.  Une drogue.  Ma drogue.

J’ai eu le privilège de partager la vie d’hommes qui cuisinaient bien.  D’autres qui étaient de vrais épicuriens.  Un bonheur.  Mes amies aiment cuisiner et manger sinon, c’est rédhibitoire, un drame, un malaise, je n’ai rien à dire.  Quelqu’un qui picore, ça me déprime.  Les plus beaux moments sont souvent autour d’une table.  Cuisiner, c’est un acte d’amour.

J’ai travaillé pour Gaston Lenôtre qui m’a fait comprendre que je n’aimais pas la faire de la pâtisserie parce que c’était une science exacte.   « Vous êtes une saucière » qu’il m’a dit.  Il avait raison.  Je suis une cuisinière d’instinct et l’idée de lire et suivre une recette ne me convient pas.  Je suis délinquante.  Je fais comme il me plaît.  J’aime créer, inventer des recettes.  Si vous mangez chez-moi, vous ne retrouverez jamais quelque chose que vous avez aimé parce que je cuisine sans frontières, sans règles, à l’improvisation.  Donc, chaque moment est unique.  Et pour moi et pour mes invités.  J’ai des milliers de recettes dans la tête qui remontent quand je goûte, que je cherche, que j’assaisonne.  Et je me trompe aussi, tout est question de balance.  Trop salé, trop poivré, trop fade, trop liquide.  C’est la règle du jeu quand on ne suit pas les règles écrites.  Et c’est très bien comme ça.

J’ai voulu produire des émissions avec Chef Sophie, ça n’a pas marché.  Mauvais timing comme on dit.  Mais c’était une très belle idée La Maison de Sophie.  Jacki et Sophie Dudemaine.  Mes amis qui le sont restés.

C’est comme ça, j’ai peu de « nouveaux amis ».  Le « new best friend » ne semble pas fonctionner pour moi.  Mes amis le sont depuis longtemps, je les aime, ils m’aiment, ils sont confortables et moi aussi. Nous partageons une histoire ensemble.

Pas de drames, pas de sautes d’humeur, juste une belle relation de confiance et de respect.  Comme cela doit l’être.  On prend l’autre en entier, pas seulement quand il sourit.

Je m’égare…  Je disais donc que j’aime cuisiner, comme j’aime manger.  Je fais de grands détours pour goûter la cuisine de mes Chefs préférés, je vais les chercher où ils sont.  Et j’apprécie chaque bouchée.  Je suis fans de Jamie Oliver, de Nigella Lawson, de Giada de Laurentis, de Bobby Flay et de tous ces fous qui me font rêver de pouvoir cuisiner comme eux.  Un bonheur dans l’assiette.  Simple, comme j’aime.  Les fumées, les mousses, les réductions, deux moules dans le fond d’une assiette ne m’ont jamais impressionnée.  En cuisine, « more is more ».   Raffiné mais généreux.  Du vrai.

J’ai débuté l’année chez mes amis du Vermont.  Terry est un Chef qui ne règne plus que sur sa cuisine, par choix.  Donc, être invitée chez elle, cuisiner avec elle est un bien grand privilège.  Ça suppose aussi que je deviens sous-chef, je pèle, j’émince, je trie, je… enfin, tout ce qu’on n’aime pas faire en général.  Mais je la regarde faire, je suis face à elle, je lui pose des questions sur ses techniques et ses choix, c’est une école.  Et parfois, elle me demande mon avis.  Mon « input » comme on dit.  Pour que le repas soit de nous deux.  Alors, on s’amuse parce qu’en général, elle est d’accord avec mes suggestions.  Et ça me fait plaisir.  Évidemment.

Alors je vous dis Bon Appétit!  Comme cette revue si belle et si appétissante.  On la mange des yeux.  Et ça donne envie de déguster tout ce qu’on voit.

Bien manger, n’est-ce pas un des deux plaisirs de la vie?

Au pays d’Ailleurs…

2 janvier 2016

Sept mois déjà qu’il est parti pour AILLEURS, un pays que personne ne connaît mais qu’on imagine.  Un endroit où les choses se font autrement.  Et même si je sais qu’il vit à Ailleurs et qu’Ailleurs est un endroit magique où le Temps et l’Espace sont autres, cela me fait un petit chagrin de plus à gérer.

Je sais qu’ils sont tous partis là-bas et qu’ils vivent tous ensemble maintenant.  Ceux et celles que j’ai connus et aimés.  Les parents, les amis, les amours.

Ce que je ne sais pas, c’est s’ils se connaissent, se reconnaissent, se parlent et décident de notre sort.

Parce qu’en vivant à Ailleurs, on a quelques privilèges et plusieurs dons magiques  pour faciliter la vie de ceux qu’on aime et qu’on a laissés à ICI.

De cela je suis certaine pour en avoir été souvent gratifiée.  Des petits coups de pouce qui font avancer les choses plus rapidement.   Des signes imprévisibles qui me font sourire et remercier tellement ils sont évidents.  Des petits riens, mais qui me procurent toujours de grandes joies et un immense réconfort.

Et si c’était vrai?  Pour moi, ça l’est.  Il faut juste y croire.  Et ouvrir les yeux et les oreilles.  Ils se chargent du reste…

Age? What Age?

C’est la plus perchée que je connaisse.  Totale barjo.  Et c’est le plus bel hommage que je puisse lui rendre.

Enfin, une styliste folle qui n’a pas d’âge.  Ou plutôt si elle en a un, mais vous savez quoi?  On s’en tape de son âge.  Pourquoi?  Parce qu’elle a un talent fou, qu’elle a toujours une longueur – plusieurs longueurs – d’avance sur les autres stylistes.

Elle est un peu mégalo, d’accord.  Elle se shoote à la Fashion World et tout le métier la reconnaît depuis longtemps.  Elle a travaillé et travaille encore pour les plus grands – trop long de les nommer elle les a tous faits – couturiers et photographes.  Les chanteuses, mannequins, maquilleurs et coiffeurs, gens d’image de toutes sortes.

C’est QUEEN CCD, Carlyne Cerf De Dudzeele.  Rien que le nom déjà…du jamais vu ni entendu.

Elle est partout:  Instagram, Youtube, FB.  Et partout sa joyeuse « dévergondance » nous change du gris ambiant.  Avec elle, never a dull moment!

https://www.youtube.com/watch?v=DP_dlIhDMzo&index=13&list=PLhgFEi9aNUb2RNjZJ0sBKkMpIv7wQWOq1

Elle a signé une séance dévergondée avec Céline. C’était frais et fou, différent. Cela s’appelle de la disruption.  Et l’âge n’a rien avoir avec ça.

J’en ai assez de cette « djeunitude » qui pense que si t’as passé 50 ans – mais que dis-je! 40 ans plutôt – t’es une vieille nouille.  Plus on avance en âge, plus on sait, plus on a vu, plus on a fait.  D’ailleurs, ça se lit sur nos visages.  Chez certaines plus que d’autres d’ailleurs et ce n’est pas proportionnel au been- there-done-that.

Le talent, comme l’Art, n’a pas d’âge.  Qui oserait dire que Karl est vieux?  Il est plus jeune que beaucoup de ceux qui l’entourent!  Et Jean d’Ormesson?  Qui aurait le front de même penser que c’est un vieux ragnagna?  Et toute cette myriade, de plus en plus grande d’ailleurs, qui fait que ces métiers de création  comme le cinéma, la mode, la littérature, la peinture, explosent et perdurent?

Y’a peut-être que la chanson qui souffre un peu de cette génération 3.0.  Quoique… Sting et Mylène, Sir Paul, Mick, Tony, Barbra, Céline et les autres font tous mentir l’adage et renvoient à leur copies beaucoup de Yo qui se croient le nombril du -nouveau – monde.  Tu parles!  Les culottes à terre et la casquette de travers oui!  Ceux qui ont demandé sur Twitter qui était Paul McCartney lorsqu’il a chanté avec Rhianna?  Belle référence!  Pendant qu’ils ont les yeux rivés sur leurs mobiles, sur leurs selfies et autres Snapchat, nous les vieux, on regarde, on écoute et on fait.  C’est qu’on a du temps et qu’on le respecte voyez-vous.

Les vieux s’accrochent?  Oui.  Parce que tant qu’il  n’y aura pas mieux, tant que la vie nous prètera vie et que la passion, la curiosité et l’envie de faire les choses nous habitera…on fera.

Je parle pour moi pensez-vous.  Pas uniquement.  Faut croire que c’est mon jour « nanachiste ».

Et, comme dirait Carlyne… J’adooore!

La musique au service des larmes

Citation du jour
“Vous n’avez pas besoin d’un cerveau pour écouter de la musique.”
Luciano Pavarotti

C’est tellement vrai et rassurant!  La musique, c’est quelque chose qui se ressent.  Pour une fois,  on laisse sa logique et son intellect au vestiaire.  On se fit au feeling, à l’instinct émotif qui dicte ce qui est bon pour nous, pour notre âme, ce qui calme ou excite, ce qui fait pleurer ou danser.  Ce qui nous touche.

Tout est là.

C’est pareil pour l’Art.  Qu’est-ce qui « vient nous chercher » pour employer une expression populaire et juste?  Qu’est-ce qui nous parle?  C’est-à-dire qu’est-ce qui s’adresse à notre inconscient, à ce qu’on ne contrôle pas?  Je me souviens être tombée à genoux devant une sculpture de Camille Claudel.  Pliée en deux de larmes tant elle avait réveillé et révélé dans le marbre une fragilité tellement évidente et bouleversante dans une toute petite sculpture appelée la quête.  Alors que Rodin sculptait grand, elle réussissait à contenir la même émotion – voire plus forte – dans un tout petit format.  Tour de force.

Idem au cinéma.  Pourquoi une scène nous bouleverse?  Pourquoi la vue d’un enfant ou d’une vieille ou d’un chien nous tourne le coeur?  Cela nous ramène à quelque chose d’endormi, comme une blessure pas guérie, un crainte qui résonne.

Pourquoi les jeunes – et pas si jeunes – font appel à la violence visuelle?  Pour combler un refoulement?  Tuer, décapiter, enflammer, gagner la guerre, déjouer, semble le lot quotidien d’une frange de l’humanité accrochée aux jeux vidéos violents, aux films d’épouvante.  On aime à se faire peur. Pour étouffer quelque chose, certainement.  Pour arrêter d’avoir peur, pour engourdir ce sentiment qui nous fait peur.  On est loin du « bouh » de notre enfance!

Pourtant, il n’y a qu’à regarder les informations pour être rassasiés.  Des horreurs sous nos yeux où l’on tue des femmes et des enfants après les avoir vendus sur des marchés et violés, ou des gens sont massacrés au nom du Sacré.  Et tout ça sous fond de musique islamique au nom d’Allah?   Je ne crois pas qu’il aurait voulu ça.  Je pense que c’est le jeu de l’Homme.  St-François de Sales a dit: « Là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie ».  C’est un triste exemple.

La musique provoque des réactions incontrôlables, réveille des mouvements de l’âme, divins ou diaboliques selon ce qu’on écoute.  La musique est codée, on le sait depuis longtemps.  Celle de Mozart en particulier.  Qui dit codes dit réactions.  Les larmes sont une réaction.

Elles font partie de ces réactions, comme de chanter, de danser, d’avoir les poils qui se dressent sur les bras.  Celles qui montent à l’écoute d’un oratorio, d’une symphonie, d’une chanson d’amour ou d’un solo de violon sont rarement maîtrisables.  Elles sont là pour libérer un trop plein de retenue.  C’est pour cela qu’il faut les laisser couler.

Pour ne pas éclater…

L’émotion, la vraie.

À regarder cette vidéo, on se rend bien compte qu’il se passe quelque chose de vrai, de palpable.

https://www.youtube.com/watch?v=JK5czd4RtTQ#t=346

L’invisible âme déferle et on est retournés, surpris par une vague de larmes qui ne sont pas de la tristesse mais un flot d’émotion.

Cela, voyez-vous, ne s’invente pas.

On n’écrit pas bien, on ne chante pas bien, on ne joue pas bien, on ne peins pas bien s’il n’y a pas l’émotion comme moteur, comme propulseur.

Quand on est touché par ce qu’on entend ou ce qu’on voit, c’est le Divin qui se manifeste.  Le Sacré.  J’en suis de plus en plus convaincue.

Et pour transmettre « ça », qui est le l’amour sonore, visuel ou liquide, il faut avoir une âme et la montrer.

On chante, on peint, on écrit avec son sang.  On ne peut pas « faire comme si », prétendre, jouer à cache-cache avec la vérité.  Sinon, ça « sonne faux ».

Il faut que l’instrument soit accordé.  Et l’instrument, c’est soi.

Tu ne peux pas toucher les autres si tu n’es pas toi-même touchant.  Tu ne peux pas illuminer la vie des autres si tu es éteins.

Et chaque fois qu’on est atteint au coeur, c’est un cadeau de la vie.  Je suis heureuse de voir Simon pleurer, cela me rassure sur le personnage.  Il n’est plus tout à fait le même à mes yeux maintenant.

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Herbert Pagani

Je l’ai connu, un peu, pas beaucoup, pas longtemps.  Il était venu au Québec, début des années 80.  C’était un garçon brillant, lumineux, généreux.  Il avait quelque chose en plus, comme une grâce.

Je retrouve ce matin sur FaceBook cette belle lettre lue à l’émission de Jacques Chancel.  Un plaidoyer, un cri, une explication.

https://www.youtube.com/watch?v=w-7csSjGdWo

Je ne suis pas de confession juive.  Bien que nous ne sachions pas vraiment d’où nous venons tous et que sur nos millions d’ancêtres, il doit bien y en avoir quelques uns!  Ce qui expliquerait cette appartenance qui est mienne, cette impression d’être « en famille » lorsque je suis avec mes amis, pour un vendredi soir de shabbat ou pour la belle prière de Kippour, tous sous le même châle.

Herbert est mort en 1988 à 44 ans d’une leucémie foudroyante.  Il a beaucoup dit en peu de temps.

Le message était fort et il est toujours d’actualité.   L’an prochain à Jérusalem…  Phrase très utilisée, extraite de la Bible, « le livre le plus vendu et le plus mal lu » disait-il.

L’an prochain à Jérusalem?  Si Dieu le veut!

En attendant: Shabbat Shalom!