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Mia Dumont – Blog d'une consultante du Superflu…

Rihanna ou Audrey?

Je transmets cet article envoyé par mon amie Josiane, non parce que je suis paresseuse, mais parce que cela reflète ma pensée.

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Rihanna ou Audrey Hepburn ?

Publié le 17 mai 2014 dans Culture
L’exposition Papier glacé au Palais Galliera condense l’évolution de la photo de mode depuis le début du 20ème siècle à aujourd’hui.

Par Bénédicte Cart.

Ma presse féminine préférée sous le bras, allant réglé mon achat, je tombe nez à nez avec une Rihanna dénudée, en couverture du magazine Lui. Prise au dépourvue, je reste dix secondes comme une idiote, à la regarder. Puis reprenant mes esprits, je me dis que c’est normal de voir des femmes court vêtues ou à moitié nue dans la plupart des magazines de mode, alors en première page de Lui…

Mais j’ai pu renouer avec une image élégante et glamour de la femme sur papier glacé grâce à l’exposition Condé Nast au Palais Galliera, à Paris. Une exposition qui suscite de longues conversations sur l’évolution de la mode, du port du corset par nos arrière-grand-mères ou grand-mères au bikini d’aujourd’hui. Les femmes les plus âgées préférant l’image des années 50, et les plus jeunes voulant démontrer que la libération de la femme, le port de la mini-jupe ou du pantalon sont des moyens pour affirmer notre statut et notre liberté à être ce que nous voulons.

Est-ce réellement le cas ? Que représentent les filles de ces magazines ? Et leurs mises en scène ? Reprenons : à chaque guerre, une petite révolution vestimentaire pour nous, les femmes. Nos jupes se raccourcissent. On ose le costume d’homme. Nous nous rapprochons du dressing à un battant où homme et femme pourraient s’habiller de la même manière. Il n’est pas difficile d’observer ces changements ; un samedi soir dans n’importe quel centre-ville, vous pourrez prendre le pouls de la nouvelle génération : des jupes plus micro que mini, des robes de plus en plus moulantes et des chaussures de plus en plus hautes.

Papier glacé
L’exposition Papier glacé puise dans les archives de Condé Nast New York, Paris, Milan et Londres, pour réunir cent cinquante tirages, pour la plupart originaux, des plus grands photographes de mode de 1918 à nos jours : Edward Steichen, George Hoyningen-Huene, Horst P. Horst, Cecil Beaton, Erwin Blumenfeld, Irving Penn, Guy Bourdin, William Klein, David Bailey, Helmut Newton, Bruce Weber, Peter Lindbergh, Steven Meisel, Inez van Lamsweerde & Vinoodh, Matadin, Miles Aldridge, Mario Testino… autant de noms qui font rêver les amatrices de clichés chics et glamour.

Ces tendances nous viennent-elles de nos magazines ?

L’exposition Condé Nast condense l’évolution de la photo de mode depuis le début du 20ème siècle à aujourd’hui. Dans les années 1920 à 1960, les modèles mettaient joliment en valeur les créations, les conseils étaient nombreux pour porter col jabot, fourrure, chignon… le tout dans un cadre naturel. Une vitrine du chic, de l’élégance et du raffinement au quotidien. Ces magazines avaient pour vocation de faire rêver et de conseiller les femmes. Je n’imagine pas que toutes les lectrices avaient un corps harmonieux, toujours parfaites de l’escarpin à la mèche rebelle domptée dans un savant chignon. Mais je peux aisément penser que les femmes avaient pour rôle de paraître soucieuses de leurs apparences, élégantes, respectueuses de leurs corps et des règles en matière de mode. La société respectait alors les règles, les conventions en la matière, la mise en beauté des femmes.

Et aujourd’hui ? Nous voyons des femmes habillées, c’est vrai, mais nous voyons surtout une forme de liberté. Elle me saute aux yeux sur les photos, elle est parfois contenue dans une expression, un décor et parfois déstructurée, sans but, sans cadre. Je pensais à une liberté créative, brute, attendant d’être domptée. Elle a été acquise au cours du temps, mais il nous faut à présent lui trouver un but, une manière de nous mettre en beauté. Dans les magazines, les belles femmes, souriantes, le regard coquin, du rouge aux lèvres, sont remplacées par des corps parfaits, parfois anorexiques, mais surtout « zéro défaut ». On ne recherche plus la taille « zéro », mais tout le corps doit être « zéro défaut », et puis au pire, il est toujours possible de le retoucher.

À nous lectrices, que nous apprennent ces photos ?

Pendant l’exposition, c’est vrai que je n’étais pas choquée par le peu de tissu sur les photos récentes. Mais quand je me suis retournée vers les deux autres représentantes de la gente féminine, j’ai bien vu leur regard. Il en disait long ! Voilà ce que cela donnait :

Quelle honte de montrer des femmes aussi dénudées !
Que les mannequins soient parfaites ou retouchées, d’accord, mais même les habits n’ont aucun sens, ils ne respectent rien, c’est importable.
Jamais je ne pourrai porter ça, je suis trop vieille et ils ne se rendent pas compte que le corps d’une femme ce n’est pas cela. Ils créent pour qui ?
Je trouvais dans ces interrogations le fond de ma propre réflexion. Qu’est-ce que la mode et la presse féminine aujourd’hui ? La mode deviendrait-elle un art, avec ses créateurs phares, ses photographes et ses mécènes ? Je dirais que cela en a l’apparence ; on recherche la perfection esthétique. La créativité et la liberté de faire ce que nous voulons de notre apparence, prenant le pas sur l’élaboration et la pensée du vêtement, du style.

Et dans la réalité, que se passe-t-il ? Nous copions nos magazines, comme nos prédécesseurs, nous cherchons à nous conformer à ce que nous trouvons dans leurs pages. Ils nous inspirent, c’est ce qu’attend de nous la société.

La femme dans sa simplicité ? Non, aujourd’hui nous parlons de la tendance au minimalisme. La mode devient un art complexe, les photos sont des œuvres où les artistes expriment un sentiment sur la société. La femme d’aujourd’hui peut tout porter, de la robe moulante, sexy et courte, au costume masculin, en passant par la jupe plissée. Voilà notre liberté, elle est là, les photographes y sont sensibles, la captent. La mode s’est libérée, mais elle devient un objet qui n’a plus de sens. Les photographies de jeunes femmes des années 20 à 60 que j’ai pu admirées inspiraient confiance, respect, simplicité, raffinement et élégance. Celles que je peux voir aujourd’hui dans ces mêmes magazines m’inspirent la liberté mais aussi la peur de ne pas contrôler notre image, de nous montrer fragiles, d’être libres au fond. Alors nous montrons ce qui n’existe pas, un corps parfait portant des vêtements créatifs, une forme de refuge où nous pouvons exprimer notre perte de repères en matière d’habillement. Et si nous exprimons cette liberté vestimentaire, les photographies inspirent parfois de la souffrance, parfois un espoir, de parvenir à l’équilibre entre nostalgie du passé, liberté au présent et promesses d’un futur meilleur.

Rihanna ou Audrey Hepburn, chacun pourra faire son choix entre ces deux modèles, entre les magazines passés ou présents. Et chacun pourra choisir d’utiliser avec intelligence la liberté de pouvoir s’habiller, de s’inspirer de tous ces magazines. Pour se sentir soi en prenant un peu de chaque époque et inventer son style.

Alaïa !

ALAÏA, the exhibition
Posted: 27 Sep 2013 09:20 AM PDT
Inventing new shapes out of simple interplay between complex stitchings, Azzedine Alaïa became the creator of a timeless body of work. His influence on today’s fashion is fundamental. An indefatigable worker and a sublime shaper of his own persona, he continues to go his own way, preferring ‘garments that last’ to those that vanish with the season. An insatiable lover of the opposite sex, he likes to say, ‘I make clothes, women make fashion’. The models and women friends he has brought to the world – among others Naomi Campbell, Stephanie Seymour, Linda Spierings, Linda Evangelista, Veronica Webb and Yasmin Le Bon – are also his most faithful admirers.

The Palais Galliera is honoring Azzedine Alaïa with its opening exhibition. This first Paris retrospective, presented in the Palais’s newly renovated galleries and in the Matisse Room at the Musée d’Art moderne of the City of Paris, comprises a selection of seventy iconic models retracing a unique creative career.

ALAÏA

© Patrick Demarchelier


Courtesy Palais Galliera
Copyright © Pierre Antoine
ALAÏA is currently on view at the Palais Galliera until January 26 2014.

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Albert Kahn: grand mécène

Les « Archives de la planète » sont un fonds photographique et cinématographique exceptionnel et unique, financé par Albert Kahn au début du XXe siècle. Portraits, architecture, scènes de vie… Ces autochromes, c’est-à-dire des photographies en couleurs véritables sur plaques de verre, sont de véritables documents historiques. Les images de ce fonds ont été prises à Paris, mais également dans 60 pays, tout autour du monde.

Aujourd’hui, c’est le musée Albert-Kahn qui conserve ces documents exceptionnels. En 1936, après la faillite d’Albert Kahn, c’est le département de la Seine qui a en effet récupéré la propriété de ce banquier, ainsi que les « Archives de la planète ». En 1986, le musée est créé et c’est en 1990 qu’une galerie d’exposition est construite sur ce site de Boulogne-Billancourt. Les « Archives de la planète » sont présentées au public par tranches à travers des expositions temporaires.

La prochaine exposition « A la recherche d’Albert Kahn. Inventaire avant travaux » sera visible à partir du 18 juin 2013. Elle présentera 15 ans de recherches sur Albert Kahn et son oeuvre et précèdera le chantier de rénovation du musée, prévu de janvier 2015 à l’été 2017.

Plus d’informations sur les « Archives de la planète » sur le site du musée Albert-Kahn

A voir aussi sur Linternaute.com

Le musée Albert-Kahn dispose d’un fonds d’images exceptionnelles. Voici un échantillon de clichés pris à Paris dans les années 1910 et 1920. Un vrai voyage dans le temps. Ici, une marchande de fleurs, face au 53 rue Cambon, dans le 1er arrondissement, photographiée le 25 juin 1918.  © Musée Albert-Kahn / département des Hauts-de-Seine
Cette photographie a été prise en 1912, le Trocadéro se dessine au second plan. Albert Kahn, banquier et mécène né en 1860, a constitué un fonds très important de photographies en couleurs du début du XXe siècle. Ce fonds intitulé « Les Archives pour la Planète » est aujourd’hui conservé au Musée Albert-Kahn. © Musée Albert-Kahn / département des Hauts-de-Seine
Prise le 24 juin, rue du Pot-de-fer dans le Vème arrondissement de Paris par Stéphane Passet.  Il passait mais il est resté…
Enseignes prises rue du Montparnasse le 22 juillet 1914.
Place de la République, 10 mai 1918.  Ces vendeurs étalent leur marchandise sur les trottoirs.  On appellait
cela les petits-métiers.
89 rue de Seine dans le VIème arrondissement.
Rue d’Aboukir, les calèches côtoient les voitures.  1914.
Angle Boulevard Raspail et rue du Montparnasse.  Les affiches s’affichent.  Et le brocanteur brocante.
1914, au croisement de la rue de l’École Polytechnique, de la rue Descartes et de la rue de la Montagne Sainte-Geneviève.
13-14 juillet 1919.  Fête à l’Hôtel de Ville de Paris qui accueille les maréchaux pour fêter la Victoire.
Quai du Louvre, 19 mars 1920.  Aujourd’hui quai François-Mitterand.

Au 64 de l’Avenue Hoche.  Les dames se promènent et la trottinette est à la mode.  1924.
C’est une belle exposition.

Eileen Gray:un design qui défie le temps

    C’est la reine de l’Art Déco, période 1920-1930.  Avec d’autres, bien sûr, tels Chéreau, Le Corbusier, Jean Prouvé, Charlotte Perriand et tant d’autres.  Une Visionnaire dont les meubles, fauteuils avangardistes et tapis sont ré-éditées depuis les années 60′.

    Je partage avec vous cet article du FIGARO en attendant de courir voir l’expo dès mon arrivée!

  • Eileen Gray, une aventurière de la modernité

    Par Béatrice De Rochebouet, Sophie De Santis Publié le 26/02/2013 à

    La villa E 1027 d'Eileen Gray et Jean Badovici.
    La villa E 1027 d’Eileen Gray et Jean Badovici. Crédits photo : L’Architecture vivante, n° spécial, Paris, Éd. Albert Morancé automne-hiver 1929

    Elle fut peintre, décoratrice et architecte. Le Centre Pompidou rend enfin hommage à cette Irlandaise visionnaire aux multiples talents. Son inventivité a traversé le XXe siècle, de l’Art déco aux années 1970.

    Eileen Gray est l’une des créatrices les plus inventives de son époque. Et pourtant, Paris a attendu plus de trente-cinq ans après sa mort pour célébrer enfin dignement cette étonnante aristocrate Irlandaise voyageuse dans l’âme, esprit libre en quête de modernité. Seul le Victoria & Albert Museum de Londres avait rendu hommage aux talents multiples de cette figure audacieuse de l’Art déco en 1979, suivi par le MoMA de New York en 1980 puis le Design Museum en 2005. Est-ce l’emballement du marché de l’art ces dernières années qui a contribué à faire naître le mythe Eileen Gray? Depuis le 24 février 2009, date de l’adjudication à 21,9 millions d’euros pour son Fauteuil aux dragons provenant de la collection Pierre Bergé-Yves Saint Laurent, elle est devenue la designer la plus chère en vente publique. Réalisée pour la modiste Suzanne Talbot, cette pièce historique, emportée par la galerie Vallois pour un client vraisemblablement américain, manque à l’appel de ce riche parcours se visitant comme une succession de chapitres de sa carrière. Un déroulé banalement chronolo­gique ayant le mérite d’être clair, mais qui reste très conventionnel au regard de ce personnage hors norme. Son ami le couturier Jacques Doucet, pour lequel elle conçut le fameux paravent en laque Le Destin (lui aussi absent de l’exposition) lui ouvrit les portes du cercle fermé parisien de la mode et de l’art.

     Table aux chars,  1915.
    Table aux chars, 1915. Crédits photo : Vallois-Paris-Arnaud Carpentier

    Grâce à de nombreux prêts de collectionneurs privés, la vie de cette avant-gardiste «qui a voulu s’extraire de la très victorienne sphère familiale, renoncer au mariage et partir vivre seule en France», explique la commissaire Cloé Pitiot, se déroule sous nos yeux. Elle commence avec la Table aux chars et le Paravent en briques, deux pièces iconiques de sa période du laque dont cette garçonne aux cheveux coupés courts, toujours habillée d’un costume d’homme, perfectionne la technique pendant vingt ans avec l’artisan japonais Seizo Sugawara. Ses années fastes de la période de l’Art déco, entre 1920 et 1930, l’ont portée aux nues, avant une longue traversée du désert et une réhabilitation tardive à la fin des années 1960, sous la plume de l’historien Joseph Rykwert, dans la revue ­Domus.

    La lumière de la Méditerranée

    Table ajustable.
    Table ajustable. Crédits photo : Centre Pompidou / Jean-Claude Planchet

    La partie la moins connue et la plus novatrice est celle consacrée à son talent d’architecte qui dessine du mobilier associant des matériaux inédits. Pour l’époque (1926-1929), sa Table ajustable en structure d’acier tubulaire est une petite révolution. Lorsque ­Eileen Gray rejoint l’Union des artistes modernes (UAM), elle a déjà 50 ans. Au Salon des artistes décorateurs de 1923, elle montre ses ­talents les plus aboutis dans la chambre à coucher boudoir Monte-Carlo, qui lui vaut des critiques dans la presse française mais des éloges à l’international.C’est à cette époque qu’elle rencontre l’architecte roumain Jean Badovici, un proche de Le Corbusier, peu fortuné, de quinze ans plus jeune qu’elle. À flanc de rocher de Roquebrune- Cap Martin, près de Monaco, ils conçoivent ensemble la villa E 1027, une anagramme de leur prénom: E pour Eileen, 10 pour le J de Jean, 10e lettre de l’alphabet, 2 pour Badovici et 7 pour le G de Gray. La réussite de cette première des trois villas de la Côte d’Azur: qu’elle s’intègre au paysage tout en faisant corps avec son mobilier. «Un modèle de modernité sensible dans lequel les meubles mêmes, perdant leur individualité propre, se fondent dans l’ensemble architectural», explique le duo Gray-Badovici.

    Le mobilier, acquis par le Centre Pompidou est particulièrement bien mis en valeur. La villa restaurée depuis sept ans, devrait ouvrir au public cet été. Dans les hauteurs de Menton, la villa Tempe a Pailla, achevée en 1935 avant d’être vendue au peintre Graham Sutherland, est un autre exemple de simplicité et de sophistication.

    Lou Pérou, à Saint-Tropez, sera sa dernière retraite. Jusqu’à l’âge de 98 ans, cette pionnière de la modernité n’a cessé de se renouveler et de créer du mobilier, comme ce paravent de quatre panneaux en liège de 1973 aux formes radicales. L’image est omniprésente dans son œuvre, pourtant elle n’apparaît qu’en filigrane. On aurait aimé se plonger dans quelques-unes des archives photographiques données par son exécuteur testamentaire au V&A. Elles auraient permis de mieux se glisser dans son univers intime. On y aurait découvert comment, à travers ses autoportraits, elle a rompu avec l’académisme. Eileen Gray trouve enfin sa place à côté de l’autre grande dame que fut Charlotte Perriand, célébrée sept ans plus tôt à Pompidou.


    Une Irlandaise à Paris

    Eileen Gray par Berenice Abbott, 1926.
    Eileen Gray par Berenice Abbott, 1926. Crédits photo : Berenice Abbott / Commerce Graphics

    Dès 1907, Eileen Gray s’installe au 21, rue Bonaparte. Elle y vivra jusqu’à sa mort en 1976. Cette adresse a été un lieu mythique pour toute l’intelligentsia parisienne. Toute jeune marchande Cheska Vallois, l’une des premières à l’avoir défendue sur le marché, a rencontré son idole, âgée alors de 90 ans, dans cet appartement, où la créatrice fabriquait ­elle-même ses laques dans l’humidité de la salle de bains.

    Le 17 mai 1922, Eileen inaugure sa boutique de décoration Jean Désert, au 217, rue du Faubourg-Saint-Honoré. Elle y expose ses meubles en laque et en bois, ses tentures et divans, ses lampes et ses tapis aux motifs géométriques, et bientôt ses créations en métal. Le nom de cette enseigne que ­fréquente l’élite internationale et financière, fait référence au Jean Badovici, son ami et mentor et au désert que cette adepte du camping rêvait d’explorer. Seul un petit ­cercle de mécènes avant-gardistes, le riche entrepreneur Jean-Henri Labourdette, Elsa Schiaparelli, Charles et Marie-Laure de Noailles, étaient alors tentés par l’expérience d’une autre manière d’habiter, tout comme la chanteuse de music-hall Damia, avec ­laquelle elle partagea un moment de sa vie. Par l’entremise de Jacques Doucet, l’Irlandaise fut introduite dans le gotha parisien qui lui confie la décoration intérieure de nombreux appartements.

    Eileen Gray, Centre Pompidou, place Georges-Pompidou (IVe). Tél.: 01 44 78 12 87. Horaires: tlj de 11 h à 21 h, sf le mar. Jusqu’au 20 mai. Cat.:Cloé Pitiot, Éd. Centre Pompidou, 39,90 €


Disney at Harrods

  • Ariel from The Little Mermaid by Marchesa
  • Aurora from Sleeping Beauty by Elie Saab
  • Belle from Beauty and The Beast by Valentino
view gallery

HARRODS‘ Christmas windows will be taken over by a designer Disney Princess display this year – and we have a preview of the beautiful gowns set to go on show. Some of the biggest names in fashion have created their imaginings of the iconic fairy tale dresses, which will grace the iconic Knightsbridge store’s windows next month.

Click through our gallery on the left to see Oscar de la Renta’s version of Snow White’s dress; Valentino’s take on Belle’s ballgown; and Versace’s tribute to Cinderella. It doesn’t stop there – Marchesa has given Ariel a makeover and Elie Saab has recreated Sleeping Beauty’s dress, while Rapunzel has been styled by Jenny Packham.

The display coincides with a 7,000 square-foot Disney Princess pop-up boutique on the fourth floor of the store, open now. The Harrods Christmas windows will be unveiled on Thursday November 1, 2012.

LOUBOUTIN à Londres

Design Museum jusqu’au 9 juillet:  Christian Louboutin dans toute la splendeur de ses créations.

Artemisia Gentileschi 1593-1654

À découvrir, sans faute, au musée Maillol pour quelques mois.

Je l’ai découverte grâce au livre d’Alexandra Lapierre et au film merveilleux d’Agnès Merlet avec Michel Serrault.

Ses oeuvres sont présentées pour la première fois en France.

Carmen dell’Orefice: 80 and still modeling

Meet Carmen Dell’Orefice, the 80-year-old supermodel

A ‘Vogue’ cover girl at 15, Carmen Dell’Orefice is still on the catwalks 65 years on.

BY Lisa Armstrong | 09 November 2011

Carmen Dell’Orefice Photo: Tim Petersen

It isn’t that Carmen Dell’Orefice is a raving, cockeyed optimist. But she has taught herself to winkle out the positive. « The alternative, at my point in life,’ she remarks lugubriously, « is unacceptable ».

That point is 80. And the life is extraordinary; a film waiting to be scripted. Impoverished immigrant parents (mother a Hungarian ballerina, father an Italian violinist; she was born in New York); foster homes; rheumatic fever at 12, which put paid to her own balletic ambitions; modelling at 13 (she made her first Vogue cover by the time she was 15); three husbands of varying unsuitability; numerous spectacularly catastrophic financial scenarios, of which depositing most of her life savings with Bernie Madoff is merely the most recent.

On the plus side, the finances mean she still has to work. And the work is a saviour, even though the day I visit her on a shoot in New York she was up at 4.30am. « It’s my hips. They get so stiff, » she recounts dispassionately.

Carmen Dell’Orefice: eternal grace

The arthritis is a downer, but her eyelashes are amazing, I say, thinking they can’t possibly be her own. « Well, they are, » she counters. « So’s my beard. And I have to pluck it every day, for your information ».

So much for the haughty reputation. I think that must come from her posture. And those fabulously snooty-looking portraits from the Fifties by Horst, Avedon, Penn and Parkinson. She has worked with all the greats. Had affairs with quite a few of them, too, including Norman Parkinson, who was responsible for her second career. She bumped into him at a party, aged 41, and he told her she wasn’t looking too bad « for an old bag, and that I should go back to work ». Dalí painted her. Dietrich cleaned her kitchen. The names flutter in and out of her conversation, but only when prompted.

She is not one for meticulously archiving her back catalogue. Most of her pictures were stuffed under her bed until her friend, the illustrator David Downton, persuaded her to put them in order. The result is an exhibition in London, about which she is marginally dismissive. She hates the idea of living in the past and is, in any case, far too busy. Her schedule is a gratifying affirmation of her enduring appeal, although she does get a bit bored with « the bad designers who try to put me in leather pants that I’d never wear ».

Designer Adrienne Vittadini to use top older models at New York Fashion Week

She’s not complaining, merely stating fact as she sees it. Let them be bad and let her figure how far she’s prepared to indulge them. « I’m a working woman of 80 trying to work out what the image I can project is. How I can do it with, you know, dignity ».

Pretty well, it seems. There are the Rolex ads, the catwalk shows and the numerous appearances in magazines such as Madame and V . She is still a room-stopping beauty; a testament to the indestructibility of good bone structure, that ramrod posture, generous shots of silicone and self-discipline (in 1944, when fashion editor Diana Vreeland told her to grow her neck by an inch – she did).

Before Carmen, models didn’t work much beyond 24, let alone 80. « Well, nor did I – originally, » she says coolly. Her first retirement was in 1959. She’d been married for two weeks, to her second husband, Richard Heimann, a photographer. The retirement, she suspects, was the beginning of the end of that particular relationship.

The husbands – Heimann was number two – do seem to have been a bit testing. No wonder she went grey when she was 19 – she finally stopped dyeing it when she was 43. She met husband number one when she was 15 and married him at 19. He doesn’t sound very reliable. She bought him race horses, had abortions when he said he didn’t want children, had a daughter anyway, then called it quits when she was 24. Her third husband, Richard Kaplin, was an affluent East Coast architect who also turned out to be a drug addict, pushing pills, Dell’Orefice later discovered, on her daughter Laura – who later became a drugs counsellor.

‘Trendy tokenism? Older models are here to stay’

Interestingly, she continued to support her husbands (« I was the one who kept telling my second husband he should become a cinematographer. I paid for him to get his director’s card, and he went on to film Godspell , so, you see, I have a good eye »), paid for an apartment for her father, put her mother through college and then later bought her a house upstate. She’s currently helping Laura, who has been made redundant by the state of California. Such generosity, despite the fact her father was absent for much of her childhood. Her mother’s maternal instincts weren’t entirely cosy either, not by today’s standards. « But that’s just it, » she remonstrates. « I’m not interested in today’s prejudices. My mother was harsh and constantly told me I had jug ears and heaven knows what else. But she was devoted and a hard worker. As for my father – my mother said he was a son of a bitch who never did a thing for me. She couldn’t understand why he ‘got all the love’ as she put it. But he was there when I needed him. »

She’s not much for theoretical dogma. Women’s Lib? « My answer was please don’t liberate me. I worked so hard to be what I am. I respect Gloria Steinem enormously. But I never wanted to be in any kind of movement – and if you’re over a certain age, you better keep your bra on because nothing’s worse than saggy duds. And guess what? Women have it harder than ever now because they’ve changed the dialogue, and men don’t know what to do when they can’t marry their mothers. »

Older models: the golden girls

To the young, Dell’Orefice is an awe-inspiring mould-breaker, everything a supermodel should be – imperious and fearless. But the idea of being princessy appalls her. She was brought up to be frugal, make her own clothes. Whenever she and Suzy Parker, the Fifties mannequin who was one of Coco Chanel’s favourites, went to Europe, they always took a sewing machine with them, so they could make their own evening outfits as the invitations rolled in. She’s not sewing so much anymore because her dining table is full of papers. « Even with a computer, I can’t get rid of all the papers in my life. The banks always want something. They’re deciding even now whether to shovel me out of my little apartment… »

But a mould-breaker? She doesn’t really buy it. « I did what I had to do because there was no role model showing me any different. I made it up as I went along. » I ask if she has given up on men, given that her last liaison introduced her to Madoff. « There’s always a boyfriend, » she cackles. « Whatever else I have to give up on, I won’t give up on love. »

‘Carmen: A Life In Fashion’ runs from Wednesday, November 16, 2011 to Saturday, January 14, 2012 at the Fashion Space Gallery, London College of Fashion, John Princes Street, London W1; fashion.arts.ac.uk

CLAUDE CAHUN: à découvrir

Écrivain, photographe, poète ! Femme libre ne cessant de questionner la notion de genres, Claude Cahun (1894-1954), n’a pas fini de nous dérouter. Le musée du Jeu de Paume consacre à cette artiste inclassable une rétrospective remarquable.

Les pleureuses du Père Lachaise

J’aime me balader dans les cimetières.  C’est romantique un cimetière, tous les poètes vous le diront.

Et si vous avez perdu un être aimé, c’est une manière de se rapprocher, le temps de fleurir sa tombe.  Et de faire revivre sa pensée.

Quand je suis à Paris, quelques fois par an, je vais à celui de Montmartre, Avenue Rachel, sur la tombe d’Eddy.  Il a longtemps habité au 8.  Il dort maintenant au 20.

Je  ne reste jamais longtemps,  j’y vais le dimanche matin parce que c’est calme et que la circulation est bonne.  Je balaye un peu la tombe,  j’ajoute des fleurs ou du lierre parce que ça s’accroche, que ça tient, que c’est solide et que ça ressemble au lien que nous avons eu.  J’ai l’impression de me rapprocher de lui.

Huit ans qu’il s’est éteint.  Parfois, il me fait un petit signe que moi-seule peut reconnaître, rarement le même mais toujours évident.  Le dernier?  C’était à Berlin il y a une dizaine de jours.  J’entre dans une boutique de curiosités et j’entends sa chanson « Exodus » chantée par Piaf!  Je venais de visiter le Jewish Museum.  Quelles étaient les chances que j’entende cette chanson-là, ce jour-là, à cette heure-là, dans Berlin?  Une sur des milliards…

J’ai reçu ça comme un cadeau du ciel.

Parfois, je photographie les pleureuses. J’aime beaucoup les pleureuses,  ces sculptures, souvent très touchantes, qui transforment les cimetières en Musées à ciel ouvert.

En voici quelques unes du Père Lachaise où repose mon amie Marie-Laure qui me manque tant.

Auguste Heng, sculpteur.

Et celle-ci, juste à côté de la tombe d’Eddy, si belle.  Signée Albert Bartholomé.